
J'ai vraiment bien dormi. J'ai récupéré de la fatigue de mon voyage. Heureusement, j'avais pensé à suspendre ma moustiquaire. Ces bestioles sont voraces ici. Comme j'ai fait le tour de Negombo et que pour moi, la plage ça va deux minutes, je décide de prendre la route pour aller à Anuradhapura situé 200 kms plus au nord. C'est l'ancienne capitale historique. Il parait qu'il y a plein de trucs intéressants à voir. Je prends un petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, face à la mer, on ne s'en lasse pas, puis donne congés à mes hôtes forts sympathiques. Un tuk-tuk m'emmène à la gare routière. Mon chauffeur me conseille de prendre le bus n°34 pour Kurunegala, à mi-chemin, et là-bas d'en reprendre un autre pour Anuradhapura. Cela m'évitera de passer par Colombo qui est habituellement très embouteillé. Je suis son conseil. J'arrive à peine sur le quai de la gare qu'il y en a un qui s'apprête à partir. J'ai beaucoup de chance, comme d'habitude. Je trouve une place assise libre juste derrière le chauffeur. Le bus est complet et pourtant les gens m'ont laissé cette place royale ? Bizarre ? Je comprendrai plus tard pourquoi. Je suis le seul touriste. J'ai droit à plein de sourires amicaux. Dans l'ensemble, les sri-lankais ont vraiment l'air gentil. Au début, on est à l'aise. Il y a de la place assise pour tout le monde. Mais le bus s'arrête souvent pour prendre de nouveaux passagers. Et ça monte, et ça monte... Il y a du monde partout. Je me retrouve vite la tête coincé entre les deux mamelles d'une grosse bonne femme, un type entre les pattes et mon voisin qui dort sur mon épaule. Ajoutez à cela la chaleur moite et suffocante, c'est à peine supportable. Je sens que le voyage va être long. Lorsqu'il y en a qui veulent sortir ou entrer, ça pousse dans tous les sens. Mais les gens ne râlent pas. Tout se fait dans un calme relatif. L'habitude sans doute. Mon chauffeur est un virtuose du klaxon. C'est sa façon à lui de s'exprimer. Au début, je trouvais ça marrant mais à la longue ça devient vite chiant. Il n'arrête pas. Avec, de surcroît, le haut-parleur qui hurle de la musique locale saturée juste au-dessus de moi. Ma tête va finir comme une pastèque. La conduite ici est très spéciale. La ligne blanche sur la route ne veut pas dire qu'il ne faut pas doubler. Que nenni, c'est une troisième voie que mon chauffeur emprunte allègrement en espérant que ceux d'en face joueront le jeu et se pousseront. Il faut, bien entendu, ne pas oublier d'appuyer à fond sur le klaxon. Mais ça, mon chauffeur, il adore, c'est son truc. De toute manière, c'est le plus gros qui a toujours raison. Les vélos et les tuk-tuks n'ont qu'à bien se tenir. Les piétons, eux, n'ont pas le droit au chapitre. Il nous faut plus de quatre heures pour parcourir à peine 80 kms. La route n'est pas vraiment mauvaise mais on s'arrête tout le temps. Il faut maintenant que je trouve un autre bus dans l'immense gare routière de Kurunegala. Il y a plus d'une centaine de bus en mouvement là-dedans. Peu de gens parlent anglais et tous les panneaux sont en alphabet singhalais. Pas facile de s'y retrouver dans ces conditions. A force de tourner, je finis tout de même par repérer un bus qui va à Anuradhapura. A l'intérieur, même combat, compactage et musique à donf. Heureusement, la route est en meilleur état et les arrêts sont moins fréquents. On arrive à destination vers 16 heures. A la sortie du bus, j'ai à peine le temps d'ouvrir mon Routard qu'un tuk-tuk me propose de me conduire pour un prix dérisoire. Son but est de me présenter à ses copains hôteliers pour toucher une com au passage. Je lui fais comprendre que je veux aller au "Lake View Guesthouse" et que ses copains, je m'en fous un peu. Il n'a pas l'air ravi mais c'est comme ça. On ne gagne pas à tous les coups. Le "Lake View" est situé près d'un lac dans un quartier paisible de la ville. C'est exactement ce qui me convient. Le confort est assez rudimentaire, il n'y a pas d'eau chaude. Mais le cadre est agréable et le prix très doux. En plus, il font de la cuisine typiquement srilankaise. Que demander de plus ! Je vais me promener aux alentours et je rencontre un vieux bonhomme à bicyclette qui me propose de me servir de guide demain pour aller visiter à vélo le site archéologique qui est, parait-il, magnifique. Pourquoi pas ! Ça me fera gagner du temps. Et puis, il a une bonne tête ce type. Rendez-vous pris demain matin à 7h30 devant l'hôtel. Faut que je pense à mettre mon réveil.
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