lundi 30 décembre 2013

Bus vers le sud

Lorsque je me lève, il y a de la brume matinale partout. On voit à peine les collines environnantes. Mais je pense que ça va se lever rapidement. Je prends vite fait mon petit déjeuner sur la petite terrasse. Les enfants viennent discuter avec moi, je ne comprends absolument rien de ce qu'ils me racontent mais on rit bien quand même. Puis le patron m'emmène à l'arrêt de bus en ville avec son tuk-tuk. Je le remercie chaleureusement pour son accueil. J'ai une petite demi-heure à attendre le bus qui va à Matara, plein sud au bord de la mer. De là, j'en prendrai un autre pour Galle. C'est là que je veux me rendre. Soudain un type s'approche de moi et me tend la main en me disant "salut Vincent !" C'est qui ? Il retire ses lunettes de soleil et là, surprise, je reconnais Alain, un routard parisien avec qui j'avais fait un bout de chemin en Patagonie chilienne. Incroyable ! Se retrouver ici, à l'autre bout du monde. Je lui raconte vite fait la suite de mes aventures sud-américaines. Puis nous nous quittons car nous n'allons pas au même endroit. Comme le monde est petit. Le bus arrive à l'heure. Il est déjà plein. J'ai le mauvais pressentiment que je vais faire tout le trajet debout. La route montagneuse tourne, tourne, et tourne encore. Comme je ne vois pas grand chose car je suis trop haut pour voir à travers les fenêtres, j'ai rapidement mal au cœur. Je ne tiendrai jamais comme ça 6 heures. En plus, on est entassé. Difficile de trouver une bonne position. C'est l'enfer. Heureusement, nous quittons la montagne au bout d'une heure. La route devient moins sinueuse. Et par chance, le bus crève un pneu. Le temps qu'ils changent la roue, ça me permet de reprendre des forces en marchant un peu au bord des rizières. Puis c'est reparti. Ça va mieux, j'ai repris des couleurs. Je réussi à m'asseoir sur un sac. C'est tout de même plus confortable. La route est maintenant droite. Les paysages changent au fur et à mesure que nous descendons vers le sud. D'abord ce furent des forêts d'hévéas et champs de thé, puis des petits arbustes qui rappelle la savane africaine et enfin la végétation côtière. Nous atteignons assez rapidement la côte. Il fait maintenant beaucoup plus chaud et surtout plus moite. Mais ça fait presque du bien après la fraîcheur des montages. Nous longeons la mer pour arriver à Matara. Je trouve rapidement un autre bus qui m'emmène jusqu'à Galle, un ancien port colonial d'abord tenu par les arabes, puis les portugais, puis les hollandais et enfin, plus récemment par les anglais. C'est une ville chargée d'histoire qui servait de comptoir entre l'Europe et l'Asie. La vieille ville est tellement proche de la gare routière que j'y vais à pied. Ça m'évitera les éternelles négociations avec les tuk-tuks. Je traverse l'enceinte fortifiée et cherche un guesthouse. Le premier est complet. Le second a encore une petite chambre de libre. C'est pas le grand luxe mais c'est pas cher. Je prends une bonne douche pour évacuer toute la fatigue du voyage. Puis je vais me promener sur les remparts à la tombée du jour. C'est très joli. Comme je n'ai pas mangé de la journée, je dîne dans un petit resto indien, un excellent tandoori.

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